🔴 CÔTE D’IVOIRE | Violences dans le Moronou : Comment Ange Kessi a pacifié le département d’Arrah

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Par TOURÉ VAKABA | Les lendemains des violents conflits électoraux qui avaient éclaté dans la région du Moronou (pôle est ivoirien), n’avaient laissé aucun ivoirien indifférent. Mieux, ils ont eu le mérite d’arracher momentanément de leurs fonctions respectives, des cadres qui ne s’y transportaient qu’à l’occasion de funérailles ou de cérémonies festives. Cette fois, tous s’y sont retrouvés, qui, pour apporter compassion et produits pharmaceutiques, qui d’autres, pour faire don de gîtes et couverts.

Une équipe de reportage de AGM News s’est autorisée à tracer l’officier général et commissaire du gouvernement, l’Amiral Ange Kessi Kouamé, cadre du terroir, qui a fait feu de tous bois pour s’entourer de toutes les forces vives du petit département d’Arrah dont il est par ailleurs issue, à l’effet de prêcher la cohésion et la tranquillité entre les communautés vivant dans cette province ivoirienne. Récit !

La ville d’Arrah et environ ont miraculeusement échappés aux violents affrontements qui ont mis à feu et à sang une grande partie du Moronou, notamment Bongouanou (chef lieu de région) et Mbatto, zone forestière, particulièrement fertile, habitée par de nombreuses communautés allogènes et allochtones. Des rixes d’une rare violence avaient occasionnées la morts, au moyen d’armes blanches et de fusils artisanaux, de plusieurs habitants.

À Arrah par contre, les citoyens ont tranquillement accomplit leur droit de vote dans la convivialité.
S’il revient unanimement de saluer la sagesse et la disponibilité du peuple Ahua, avec en sa tête Nana Tehoua 2, appuyé de collaborateurs engagés, en l’image de Nana Tanoh, la prompt implication du très charismatique Amiral Ange Kessi Kouamé, chef du Parquet militaire d’Abidjan, par ailleurs commissaire du Gouvernement, fut d’une ponctualité saisissante.
Dès le petit matin du 23 octobre dernier, alors que de folles rumeurs faisant état de l’arrivée imminente d’un groupe de déplacés venant des zones touchées par les violences, qui se dirigerait vers Arrah, le haut gradé prendra aussitôt langue avec le gouverneur (préfet), les chefs coutumiers et bien d’autres forces vives, à l’effet de convoquer une réunion d’urgence, histoire d’éviter à Arrah, un éventuel chaos.

« Autant prévenir que guérir » avait martelé l’officier général, manifestement loin d’être aux abois et sûr de cette démarche protocolaire.
Vendredi 28 octobre, 48h avant l’entame du scrutin présidentiel, le magistrat militaire, puisant dans sa grande expérience acquise au service de la justice, s’est qualifié à occasionner un déjeuner familial autour duquel il s’était retrouvé avec les représentants de toutes les associations de jeunesse de la ville. Ordre du jour, « sauver Arrah et son peuple » !
« chers jeunes frères, je ne vous vois pas en partisans d’un parti politique quelconque, mais en fils, en frère (…) », avait il introduit, s’adressant à ses convives. « Ne voyez pas en moi, ni le général, ni le Commissaire du Gouvernement…voyez plutôt votre frère, votre papa et dites-moi tout. L’essentiel pour ces retrouvailles, c’est de nous parler sans tabou pour ressouder nos petites fissures pour faire renaitre sur notre terre, la paix, l’équilibre et la cohésion (…) », a expliqué l’illustre collaborateur du président de la république Alassane Ouattara.

« Vous avez vos études à terminer, vous avez votre avenir devant vous, vous allez par la suite chercher de l’emploi et fonder plus tard une famille. Ne vous battez pas, ne vous entretués point. Je comprends que vous ne soyez pas d’accord, ce qui est de votre droit mais ne brutalisez pas et n’ôtez pas la vie à votre prochain. Ne jamais, alors là jamais du tout, incendier les bien d’une personne parce qu’on n’a pas la même appréciation des choses (…)
(…) Forcement, dans les jours ou mois à venir, des caravanes de réconciliation sillonneront le pays, et vous n’aurez que vos yeux pour regretter et vos cÅ“urs meurtris. Bien sûr qu’avec nos différences, que nous pouvons vivre ensemble. Aimons la vie, donc protégeons la. » a conseillé le fonctionnaire qui a promis une suivie régulière des recommandations acquises en l’occasion de cette rencontre.

Théâtre de violents affrontements ayant fait des morts et des blessés, le Moronou aura payé un lourd tribut durant les manifestations dirigées contre la candidature à un troisième mandat du président de la république sortant. Pour cause, le président du Front populaire Ivoirien (FPI) est originaire de Bongouanou, alors que la ville natale de l’ancien chef de l’État (1993-1999), doyen et chef de file de l’opposition, Henri Konan Bédié, y est mitoyenne à seulement une heure de voiture, plus loin dans la région du « iffou ».

Avant de quitter ses invités, l’Amiral Ange Kessi Kouamé a promis recevoir les dix meilleurs jeunes planteurs du département. « Je voudrais qu’il y ai beaucoup de Ange Kessi un jour, mais je souhaite vivement que nous ayons de nombreux Ahouo Tanoh, du nom de ce deuxième plus grand planteur de Côte d’Ivoire » a-t-il conclut.
Alors que beaucoup d’ivoiriens le croyait uniquement utile pour traquer errements et délinquance au sein des armées, l’Amiral Ange Kessi qui prouve par ces démarches citoyennes, empreintes d’amour et de fraternité, avoir plusieurs cordes en son arc, reste désormais un véritable réconciliateur sur lequel toute une région pourrait compter. Reproduction interdite