Côte d’Ivoire | Les élections de tous les dangers!

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Les ivoiriens, dans moins d’un mois, se préparent à se rendre à nouveau aux urnes, occasion d’installer de nouveaux dirigeants provinciaux. Aux terme d’un scrutin que la Commission Électorale Indépendante (CEI) voudrait couplé, le pays pourra, si tout se passe bien, fièrement afficher la liste complète et officielle de ses conseillers municipaux et régionaux, qui auront respectivement la charge de diriger les collectivités locales, placées sous le commandement du ministère de l’intérieur du pays.

Le Président de la République, Ouattara Alassane assure personnellement « veiller à la bonne organisation » de ce scrutin crucial, qui devra déterminer la qualité et la puissance des associations politiques en présence, à partir de leur recomposition actuelle.

Depuis maintenant plusieurs semaines, la fracture entre le Parti Démocratique de Cote d’Ivoire (PDCI), et son allié du Rassemblement des Républicains (RDR), a conduit à la monture  d’une nouvelle cartographie politique qui a le mérite d’avoir désagréger significativement l’establishment auquel s’étaient inscrits de milliers de militants et sympathisants, jadis logés à la même enseigne au Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), coalition qui avait vue la fusion des deux partis, la veille des élections présidentielles de 2010.

Si la sérénité semble de mise chez Ouattara et ses désormais nouveaux alliés dont notamment l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI), et bien d’autres « petits partis », qui peinent vraiment à se faire « une place au soleil », au PDCI en revanche, les choses semblent ne pas avoir le même retentissement. Le Président d’honneur du RDR, Ouattara Alassane et ses camarades sont ouvertement engagés depuis plusieurs jours, à créer zizanie et désordre au sein de leur ancien allié, l’objectif à terme, étant de créer le vide autour de « l’aîné » Bédié…qui refuse d’admettre une « possible tentative de confiscation du pouvoir » par son « jeune frère » en 2020.

En arrière plan de toute cette confusion, des militants issus des deux partis majeurs, moralement désarmés, perdus, manipulés et mal informés, car devenus des cibles privilégiés des partisans du régime, au nombre desquels de nombreux déserteurs issus du PDCI.

Chacun apprécie comme il peut, la  nouvelle posture politique prise par leurs hiérarchies respectives et rumine au fond, colère et vengeance. Une bien triste occasion que des candidats véreux des deux camps exploitent à fond, sur le terrain, se faisant passer, tantôt pour les candidats du RHDP, tantôt, du PDCI, voir du « RHDP unifié ». Dans la foulée, des discours discourtois, souvent accompagnés de provocations et d’injures de toutes sortes entre candidats, mais aussi, entre les partisans de camps adverses, meubles désespérément ce spectacle qui a tout l’air d’une bagarre rangée en perspective.

Dans certaines localités comme c’est le cas du département de Gbéléban, à l’extrême nord ouest du pays, les populations ont proclamé une seule candidature qui est celle de Ouattara Sita, qui serait une soeur cadette au Président, décourageant du coup, les candidatures adverses, dont certaines n’hésitent pas à évoquer des questions de sécurité.

Ailleurs d’autres, plusieurs sources indiquent manifestement, des signes avant coureur, d’un scrutin dangereux, qui pourrait profondément compromettre la stabilité du pays et réveiller les vieux démons.

Touré Vakaba