Côte d’Ivoire | Les conséquences désastreuses de la rumeur!

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La denrée la mieux partagée en Côte d’Ivoire, notamment à Abidjan, depuis les premiers lendemains de la proclamation officielle de l’indépendance en 1960, reste indiscutablement la rumeur. Le premier chef de l’État, Félix Houphouët-Boigny, dans ses déboires avec la petite colonie de cadres ivoiriens, « progressistes », en a été une grosse victime. En plus des services officiels de police, de gendarmerie et de l’armée, de nombreux autres anonymes à travers le monde lui servaient de relais dans la collecte régulière de renseignements. Des plus erronées au plus certaines, le vieil homme en a réçu plein les oreilles et au visages. Les fausses alertes foisonnaient au même rythme que ses auteurs. La rubrique qui semble avoir fait tâche d’huile demeure à ce jour le fameux  » Complot du chat noir ». À l’arrivée du Président Aimé Bédié Henri Konan, à la tête de l’État, celui-ci et son gouvernement avait alors fait de l’ancien premier ministre Alassane Ouattara, un redoutable adversaire potentiel…si bien que son gouvernement pouvait se retrouver à tous moment de la journée pour réfléchir voir sortir de grands moyens politiques et militaires pour uniquement contenir les effets imprévisibles et dévastateurs de fausses alertes. Durant ses dix mois de règne, le Général de brigade deux étoiles, Robert Guéi à lui, fait face à plusieurs cas de rumeurs, des plus folles les unes les autres!  On peut notamment rappeler le « complot de la Mercedes noires » et celui du « cheval blanc ». De nombreux justiciables, aussi bien civiles que militaires en ont fait les frais. Bien d’entre eux dont son collaborateur sassan kabiré, jeune soldat natif de Bouna, sont passés de vie à trépas, au moyen de dénonciations fantaisistes. Plus tard, l’intéressé lui-même en sera victime, pour avoir été soupçonné de vouloir renverser le régime de la refondation, dirigé autrefois de main de maître par un certain Laurent Gbagbo et ses camarades. Aujourd’hui, c’est au tour du président Ouattara et de ses collaborateurs, de s’éloigner de Guillaume Soro et du Président Bédié… pour un motif dont eux seuls détiennent la raison. Depùis plusieurs jours, les forces militaires, de police et de gendarmerie sont placées en  » alerte maximale « . Objectif : Circonscrir tout éventuel débordement sur l’ensemble du territoire. Une ggantesque opération de dissuasion est en ce moment en cours, au moyen d’un déploiement progressif des forces. Des patrouilles mobiles procèdent discrètement à des rafles , perquisitions  et interpellations. Les fausses alertes ont souvent empêchédes des chefs d’État ivoiriens à rester reclus à domicile ou tapis dans des chancelleries, sans que cela ne réveille le moindre soupçon du citoyen lambda. Sacré Côte d’Ivoire!