đź’ĄTUNISIE : Ivoiriens et maliens veulent partir !

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Ivory Coast nationals living in Tunisia and seeking repatriation, wait outside the embassy of Ivory Coast in Tunis, Tunisia February 27, 2023. REUTERS/Jihed Abidellaoui

Près de 300 Ivoiriens et Maliens souhaitant fuir la Tunisie après des agressions et des manifestations d’hostilitĂ© visant des ressortissants d’Afrique subsaharienne, seront rapatriĂ©s samedi, a appris ce vendredi l’AFP de sources officielles Ă  Abidjan et Tunis. «Un dĂ©part sur Air CĂ´te d’Ivoire est prĂ©vu samedi Ă  07h00 du matin (06h00 heure de Paris) avec 145 passagers Ă  bord», dĂ©clarĂ© l’ambassadeur ivoirien Ă  Tunis, Ibrahim Sy SavanĂ©, interrogĂ© depuis Abidjan. «Le nombre de candidats au retour atteint 1100 Ă  ce jour», a-t-il poursuivi.
L’ambassade du Mali Ă  Tunis a quant Ă  elle indiquĂ© qu’un avion pouvant transporter 150 personnes avait Ă©tĂ© affrĂ©tĂ© sur ordre du chef de la junte, le colonel Assimi Goita. L’avion quittera Tunis Ă  08h00 samedi (07h00 heure de Paris). Il s’agit des premiers vols de rapatriement en CĂ´te d’Ivoire et au Mali depuis le discours le 21 fĂ©vrier du prĂ©sident tunisien Kais SaĂŻed, qui avait annoncĂ© des «mesures urgentes» contre l’immigration clandestine en provenance d’Afrique subsahaienne.
Discours «raciste»
Dans ce discours qualifĂ© de «raciste» par des ONG il avait affirmĂ© que leur prĂ©sence en Tunisie Ă©tait source de «violence, de crimes et d’actes inacceptables». Selon Ange SĂ©ri Soka, responsable d’une association de ressortissants ivoiriens en Tunisie, rentrĂ© Ă  Abidjan cette semaine, «la Tunisie est devenue une prison Ă  ciel ouvert aujourd’hui», pour les migrants d’Afrique subsaharienne.
«La question de la carte de sĂ©jour bloque tout», a-t-il poursuivi lors d’une confĂ©rence de presse Ă  Abidjan, affirmant qu’il Ă©tait quasiment impossible pour les travailleurs migrants d’obtenir ce sĂ©same en Tunisie. «Sans carte de sĂ©jour, vous ne pouvez pas aller au poste de police si vous ĂŞtes agressĂ©, vous travaillez au noir» et «cela encourage les abus de pouvoir», a-t-il dit. Un grand nombre des 21.000 migrants originaires de pays d’Afrique subsaharienne recensĂ©s officiellement en Tunisie, pour la plupart en situation irrĂ©gulière, ont perdu du jour au lendemain leur travail (gĂ©nĂ©ralement informel) et leur logement. D’autres ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s pour des contrĂ´les policiers et certains ont tĂ©moignĂ© d’agressions physiques.