Gabon | Ali Bongo « Je ne suis pas biafrais »

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Une polémique sur la filiation d’Ali Bongo avait empoisonné la campagne de la dernière élection présidentielle au Gabon. Ses opposants, reprenant des révélations du journaliste Pierre Péan, affirmaient notamment qu’il mentirait sur sa scolarité dans le Gard. Midi Libre en avait apporté la preuve du contraire. Retour sur l’histoire.
Ali Bongo, président du Gabon depuis 2009, est-il celui qu’il prétend être ? C’est-à-dire le fils d’Omar Bongo, figure de la françafrique et président du Gabon de 1967 jusqu’à son décès en 2009 ? Un fils envoyé faire sa scolarité en France et notamment à Alès, dans le Gard ? Ou bien est-il un enfant adopté à la fin des années 1960, lors de la guerre du Biafra ?
La polémique, lancinante, fait rage depuis plusieurs années dans ce petit pays d’Afrique centrale. Elle a encore empoisonné la campagne de la dernière élection présidentielle, le candidat Bongo étant mis en demeure de prouver ses origines. Il faut en effet être Gabonais de naissance pour se présenter.

Pour le journaliste Pierre Péan, c’est un petit Biafrais adopté

Dans son ouvrage « Nouvelles affaires africaines », paru en 2014 chez Fayard, le journaliste Pierre Péan soutient la thèse de l’adoption d’un enfant, anglophone, au Biafra. Il taille aussi en pièce la défense d’Ali Bongo, qui affirme lui avoir été écolier dans le Gard, bien avant la guerre du Biafra (1967-1970). Les arguments de Pierre Péan ont largement été repris par l’opposition, à la tête de laquelle se trouvait Jean Ping.

Ses camarades de classe alésiens témoignent

Notre enquête prouve aujourd’hui qu’Ali Bongo a dit vrai. Dès 1965, celui qui s’appelait encore Alain Bongo (son prénom a changé en 1973 lors de la conversion de sa famille à l’islam) étudiait bien sur les bancs d’une école publique alésienne. Nous avons retrouvé ses camarades de classe et son instituteur. Ils témoignent, racontant de nombreuses anecdotes, dans l’enquête consacrée au sujet.
Nous avons également retrouvé la trace d’Odette Perret, l’ancienne missionnaire qui s’est occupée de lui, mais aussi des enfants de nombreux autres dignitaires gabonais, à Alès, entre 1946 et les années 1970. Un destin hors normes.
Depuis Alès, l’histoire vient donc jeter une pierre dans le débat politique au Gabon. La légitimité d’Ali Bongo y est en effet plus que jamais attaquée, suite à des élections houleuses, dont les résultats, contestés, ont fait descendre dans la rue une partie de la population.

Quand Ali Bongo posait pour sa photo de CE2 à Alès

<<Je n’ai jamais voulu m’abaisser au niveau de mes détracteurs en entrant dans les jeux de désinformation et de commérage orchestrés par une certaine opposition. En diffusant des informations mensongères, en particulier sur mes liens de parenté, certains ont tenté d’attaquer ce qui m’est le plus cher : mon pays et ma famille. Aujourd’hui je suis heureux de voir que la vérité a pu être rétablie et c’est avec une grande émotion que j’ai lu les témoignages de mes anciens camarades de classe. Je garde de très bons souvenirs de mes années passées dans le Gard et je remercie ceux qui ont confirmé ce que nous savions tous, depuis toujours. Merci avant tout à vous, mes chers compatriotes, de votre soutien indéfectible face à ces chimères qui n’avaient pour but que de nous diviser>>.