CÔTE D’IVOIRE | N’DOUCI, LA BOMBE !

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Touré VAKABA, envoyé spécial ????

Encore des affrontements meurtriers enregistrés dans la ville carrefour de N’Douci, logée dans l’Agnebi Tiassa (113 kms au nord d’Abidjan). Bilan, 1 mort, de nombreux blessés et dégâts matériels importants. Notre envoyé spécial revient sur une nuit du vendredi 12 au samedi 13 août 2022, particulièrement torride.

Des informations que nous avons pris soin de recouper au millimètre près, indiquent que la ville, impunément infestée de groupes de gangs, qui prospèrent dans la dégoûtante activité de drogues et stupéfiants, et qui revendiquent chacun un territoire imprenable, y imposent froidement leurs lois, sans la moindre opposition.

Ces bagarres relativement violentes surviennent suite à celles enregistrées les 31 juillet et 1er août derniers, qui ont occasionné trois morts et de nombreux blessés, avaient, elles aussi, éclaté tard dans la nuit, suite à l’agression sauvage d’un jeune individu au centre-ville, et appartenant à un gang adverse.
« Des voyous, profitant des avantages de la pénombre, en profitent tout le temps pour piller et incendier boutiques, magasins et étales…et ça a toujours été ainsi (…) », explique Noé Kouakou de la profession comptable, qui y réside depuis plusieurs années.

Le jeune homme ayant malheureusement perdu la vie, bien connu par les riverains comme étant membre d’un groupe qui fait solidement parler de lui dans ce milieu de renégats, n’a pu échapper à la furie du camp opposé qui lui a fait la peau.

Aussi, il y a deux ans et demi, le 06 novembre 2019 exactement, un jeune homme répondant au nom français de Geoffroy, d’ethnie Abbey, originaire de Bôdô, non loin de N’Douci, est assassiné par un délinquant du nom de Bazongo Moumini, burkinabè, appuyé de sa petite amie, burkinabè également..à cause d’un engin neuf à deux roues que la victime venait de s’octroyer sur un marché de la région. Les criminels, dans leurs intentions de saboter les pistes du crime, prennent soin d’enfouir son corps dans des buissons, juste au bas côté de la route. Les faits se produisent au km 104. Comme une traînée de poudre, la nouvelle parvient à Bôdô. S’en est alors suivie une chasse à l’homme digne d’un rodéo.

Le lendemain du 07 novembre 2019, des jeunes de la petite bourgade de Bôdô organisent une expédition punitive, espérant venger leur frère. Bilan, plusieurs habitations pillées et incendiées. Ouedraogo Tega alias «Lamine», chef de la communauté burkinabè, qui, ce jour-là, affirme avoir échappé à un lynchage, a vu sa logis démoli, son grénier à céréales et de l’argent liquide emportés. Idem pour cet imam issu de la communauté burkinabè, qui a raconté avoir perdu bien mobilier et espèce.

Ce jour là, des fonctionnaires de la gendarmerie, arrivés sur les lieux, casqués, bottés, armes aux poings, ont assisté impuissants, les vandales surexcités, entrain de dégonfler les roues du véhicule de patrouilles qui les y avait transporté. Débordés, ces hommes de la maréchaussée recevront plus tard, un solide renfort de policiers, avant d’arriver à circonscrire le pugilat.
Les allogènes, eux, avaient trouvé refuge à N’Douci, dans la concession d’un richissime boulanger burkinabè…le temps pour l’administration locale de régler le problème.

Jusque là, tous ces contentieux, que de sombres individus s’amusent à convertir en conflits communautaires, sont restés étrangement intacts… autochtones et allogènes continuant dangereusement de se regarder en chiens de faïence. On peut le dire, preuves tangibles en soutien, la jeune commune de N’Douci reste irréversiblement une véritable bombe que l’état ivoirien a intérêt à désamorcer alors qu’il est encore temps. (Source: www.agmnews.net)