ÉDITORIAL | Bakayoko, Joker de Ouattara en 2020!

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Au pays d’Houphouet Boigny, la classe politique, version 2018, a vraiment du talent ! Ouattara et ses camarades continuent d’étonner le monde, determinés qu’ils sont à rafler le peu qu’il reste de l’opposition du pays, et circuler en roues libres, pour une destination à chrono non determiné.
Le chef de l’Etat ivoirien, connu et reconnu comme étant un économiste pure, on était loin de s’imaginer en Côte d’Ivoire, que derriere ce visage de legaliste, se cachait un homme politique surnois, hors du commun et prêt à TOUT pour CONFISQUER, le pouvoir central.
« Il vous utilise, vous spolie de votre personnalité, et vous vide entierement de tout votre sens, avant de pousser ses victimes progressivement à prendre la porte », cette explication de Y.L, qui affirme bien connaître le President d’honneur du Rassemblement des Republicains [RDR], prendrait tout son sens des evenements et divers soubressauts qui s’enchaînent ces jours-ci.
À l’abris des regards tolérants et laxistes d’un pouvoir judiciaire dont la constitution lui consacre paradoxalement l’entière chefferie, Ouattara a reussi, petit à petit, l’exploit de décapiter tous ses adversaires dont le plus coriace restait jusque là, le Parti Democratique de Côte d’Ivoire [PDCI], de l’ancien chef de l’État Bédié Aimé Henri Konan. Celui-là même qui lui aura servi de conducteur strategique, pour defaire le regime précédent, avant de s’installer avec ses hommes au siège du palais presidentiel d’Abidjan.
Avant d’y arriver, Alassane Ouattara a vandalisé et mis à sac plusieurs associations politiques, dont notamment le Front populaire ivoirien [FPI], l’union pour la démocratie et la paix [UDPCI], le mouvement des forces d’avenir [MFA], le parti pour le progrès social [PPS], l’UPCI et bien d’autres, qui n’ont pu résister aux postes de responsabilité politique et administrative qui leurs ont été proposé, au moyen d’odieux chantages.
Pour boucler la boucle, Ouattara et ses amis insinuent vaille que vaille, l’isolement progressif de l’ancien chef des ex-Forces Nouvelles, actuel President de l’Assemblée Nationale, Guillaume Soro. Le concerné le sait, et ne cesse de l’indiquer chaque fois qu’il en a l’occasion.
Pour parvenir à garder l’essentiel du pouvoir en 2020, la majorité présidentielle a conscience que le chantier est énorme et loin d’être gagné d’avance.
Sauf que le chef, contrairement au peu d’opposition qui tient encore, desesperemment, beneficie d’une officieuse longueur d’avance. Alassane Ouattara et ses amis utilisent sans vergogne, la puissance publique, pour intimider, voir mâter tous ceux qui tentent de se dresser contre leur survie. Malgré les mises en garde interminables et l’impitoyable réquisitoire des institutions internationales, pour blâmer la gouvernance du chef de l’État et de son gouvernement, avec au premier plan, l’Union Européenne, l’argent du pays continue d’être dilapidé, pour des causes et ambitions personnelles.
C’est à l’extrême est d’Abidjan, à Abobo, que manifestement, le dessin est perspectible, avec les incursions quotidiennes dans ce gigantesque faubourg, reputé favorable à Ouattara, du Ministre ivoirien de la defense, candidat du RDR aux prochaines élèctions municipales.
Bakayoko Hamed n’hésite pas à chacune de ses occasions, à distribuer d’importants numeraires mis à sa disposition par le couple présidentiel, pour arranguer les foules et narguer ses probables adversaires, au nombre desquels un enseignant, collaborateur de Guillaume Soro.

Dans ses déplacements interminables à Abobo, le candidat est toujours et curieusement accompagné de membres du gouvernement.
Des sources concordantes, notent que le ministre de la défense y arrive chaque fois, le sacoche bourré de liquide, occasion de rallier de nombreux citoyens qui ont qualité de se rendre aux urnes. Quelle est la provenance de tout ce pactole qui s’évapore dans la nature, dans un pays où les ménages disposent d’à peine un repas par jour, et où les « inégalités sociales » sont des plus récurrentes ?
« Que de déviations et d’insultes, au mépris de la Bonne Gouvernance ! » aiment se plaindre de nombreux ivoiriens.
Pour comprendre l’étrange parachutage du vice-président du RDR, en charge du Worodougou, il a fallu remonter au palais de la république pour s’en faire une idée vraiment nette. En claire, et ça ne fait plus l’ombre d’aucun doute, Bakayoko Hamed s’est vu confier, en plus de Séguéla, la commune d’Abobo, pour faire véritablement corps avec l’électorat du Rassemblement des Républicains. Une sorte de laboratoire, dans ce chaudron politique, qui consiste à ramener à « domicile » tous ces adeptes quelque peu déçu, pour n’avoir pas bénéficié des retombées du « vivre ensemble ». Lorsque le chef s’agite pour dire qu’il faille « passer le témoin à une nouvelle génération, il ne s’agit de personne d’autre que du «protégé » Hamed Bakayoko, le future joker incontesté du couple et du régime, en route pour conduire le destin du RDR à la prochaine présidentielle prévue pour octobre 2020. Dominique Ouattara l’a manifestement prouvé hier, au centre culturel d’Abobo, sans toute fois le dire à haute et intelligible voix. Y a pas photo de toutes les façons, et tout le reste n’est que pure cinéma! », retorque Ibrahim, mécanicien, se disant pessimiste, si d’aventure le schéma politique que dissimulerait Ouattara devait avoir un tel visage.

Touré Vakaba