CÔTE D’IVOIRE | La Biennale panafricaine des droits de l’homme et de l’humanitaire s’investit dans la recherche de la paix!

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Ce panel, oeuvre de la Biennale panafricaine des droits de l'homme et de l'humanitaire, a répondu aux attentes des journalistes

CÔTE D’IVOIRE | TOURÉ Vakaba

Appelés à parlementer sur le très pertinent thème « religion, politique et paix en Côte d’Ivoire », deux éminents intellectuels, de surcroît guides spirituels, en savoir l’imam Cissé Djiguiba, directeur de « Radio Al bayane », et chef central de la grande mosquée du quartier administratif du Plateau (centre d’Abidjan), et le père Charles Olidjo, secrétaire exécutif de l’ong « Justice & paix », ont tour à tour, entretenu des ivoiriens, dont de nombreux journalistes, sur l’impérieuse nécessité du vivre ensemble, pour ne jamais confondre politique et religion, notamment en période de crises sociales.

Le père Olidjo Charles a brillamment expliqué la place qui échoit à Dieu, dans l’accomplissement de la paix dans la société politique

À sa prise de parole, le père Charles Olidjo s’est d’abord prêté à un diagnostic explicatif, suivi d’un solide réquisitoire sur les realités saillantes de la signification du thème du jour, applicable notamment à la Côte d’Ivoire. « Le président Houphouet Boigny a contribué en la construction d’édifices importantes, églises, temples et mosquée. Aussi, les religieux ne sont jamais restés insensibles au déroulement des crises sociales en Côte d’Ivoire, surtout sur les questions se rapportant en la dignité de la personne humaine.

L’imam Cissé Djiguiba s’est qualifié à dénoncer l’attitude peu orthodoxe de certains individus reconvertis en « pasteurs » qui passent l’essentiel de leur temps à jeter l’opprobre sur la société religieuse de Côte d’Ivoire.

Aujourd’hui, la situation actuelle exigent des religieux, une vigilance accrue. L’église catholique, l’islam et les autres confessions religieuses vivent en parfaite harmonie (…) », a expliqué père Olidjo, avant de poursuivre «(…) Dans le cadre de notre pays, musulmans et chrétiens ont suffisamment contribué en l’instauration d’un climat de paix. Jésus dit à ses apôtres, je vous apporte la paix et non celle qui est donnée par les hommes (évangile st jean verset 27) (…) » avant de conclure, au moyen d’une célèbre citation du père de la nation, feu Félix Houphouet-Boigny, « la paix n’est pas un mot, mais un comportement ».
Quand à l’imam Cissé Djiguiba, il a préféré revenir sur le très sensible dossier portant sur l’exercice de la laïcité en Côte d’Ivoire.

Vice-présidente du SENAT ivoirien, Makani Diaby représentait  le premier responsable de cette institution, par ailleurs parrain de l’événement.

« Nous religieux, musulmans notamment, avons toujours été une communauté pacifique. Je vous donne un exemple. Le premier président de la République était un homme de paix. Il a érigé en son temps à Yamoussoukro, la basilique, auprès d’une mosquée qui n’en valait même pas la poussière de la valeur. Nous ne nous en sommes jamais offusqués. Il en a fait de même à Abidjan avec la construction au coeur même du plateau, de la cathédrale est paul. Nous n’en avons jamais fait un problème. Les fêtes musulmanes n’étaient pas reconnues par l’administration de notre propre pays. L’année 1993 marque véritablement, le début réel de l’exercice de la laïcité en Côte d’Ivoire, avec la reconnaissance de ces moments de haute spiritualité par le législateur…qui concédera des jours fériés. Et pourtant, l’islam a fait son introduction dans ce pays depuis le 11èm siècle, tandis que les autres religions, y compris l’église catholique y sont depuis seulement un siècle et demi (150 ans).

La pertinence du thème en valait le déplacement

Je prends le cas de notre radio confessionnelle Al Bayane, dont la fréquence n’a été octroyée qu’en 1996. Les autres émettaient tranquillement bien avant. Nous n’en avons jamais fait un soucis. Pire, entre 2000 et 2010, je rappelle que 25 imams ont été tués et des mosquées incendiées. Les musulmans se sont juste contentés de dénoncer et n’en ont jamais fait un sujet de revendications. C’est cela l’islam mesdames et messieurs (…) » a martelé l’imam du plateau, sous un tonnerre d’applaudissement.
« Aujourd’hui dans notre pays, de nombreux individus, opportunistes à souhait, et ayant un pied en politique et un autre dans le spirituel, tiennent des boutiques spirituels qu’ils appellent églises et dont les agissements tirent par l’arrière tous les efforts consentis par nous les religieux.

Commissaire général de la Biennale panafricaine des droits de l’homme et de l’humanitaire, le Journaliste Noël Yao en a dignement assuré les rôles de modérateurs

Ces charlatans spirituels doivent arrêter et aller faire autre chose. Notre pays a besoin de paix et nous l’exigeons. » a ajouté l’éminent conférencier.  » Depuis tout le temps, nous travaillons en parfaite intelligence et dans le respect mutuel, avec nos frères catholiques. Et notre rôle est d’inviter nos compatriotes en la culture quotidienne de la paix. » a-t-il expliqué.
Profitant de la profondeur du thème du jour, l’intellectuel a fustigé l’attitude de certains acteurs politiques qui peinent à comprendre la nécessité de l’alternance. « À l’occasion d’une mission au Ghana, j’ai pu constater que les anciens présidents sont organisés en une sorte d’élite, qui font le tour du pays au moment d’activités électorales, appelant leurs concitoyens à aller voter pacifiquement. Ici, certains ne sont pas encore rassasier et réclament encore le pouvoir, malgré le poids de l’âge. Je trouve ça dommage. Nous devons avancer. »

Ce panel, oeuvre de la Biennale panafricaine des droits de l’homme et de l’humanitaire, a répondu aux attentes des journalistes

Placé sous le haut parrainage de Jeannot AHOUSSOU-KOUADIO , president du SENAT, la Biennale Panafricaine des droits de l’homme et de l’humanitaire, lancée sous la houlette du journaliste Noël Yao, son commissaire général, a voulu faire de cette occasion, une part contributive en la manifestation d’une paix sincère et durable en Cote d’Ivoire. Le panel qui débuté à 10 h, a duré deux heures d’horloge, avec pour cadre, la « Maison de la presse ». « C’est une première dans notre pays, à voir une structure issue de la société civile qui est arrivée à réunir autour d’une même table, catholiques et musulmans, pour prêcher uniquement la paix et la cohésion sociale, surtout en l’occasion d’une période aussi sensible comme celle-ci (…) » s’est félicité le journaliste Bahi Basil, interrogé au sortir de ces réflexions.

La presse nationale s’y était activement transportée, à l’occasion, et en a assuré la couverture intégrale
Le pays affronte dans moins de huit mois des opérations électorales majeures, dont la plus attendue reste l’élection d’un nouveau président de la république. Tous conviennent, au sortir de ce magnifique panel, que de telles initiatives méritent d’être soutenues et encouragées. T.V
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