Côte d’Ivoire | pour avoir humilié un diplomate, trois gendarmes et un policiers terminent au trou!

12
2239

L’aéroport international FHB d’Abidjan est géométriquement l’un des sites des plus stratégiques de la région ouest d’afrique subsaharien

Les nommés K.Y.JC, T.E.D, KSL et AA tous des fonctionnaires militaires relevant de la Cellule aéroportuaire anti trafic (CAAT), se sont rendus coupables d’acte « d’intimidation, de racket, d’extorsion de fonds et de violation de consignes » sur la personne d’un diplomate en service.

De quoi s’agit-il ? Vendredi 18 octobre 2018 aux environs de 19h30, alors qu’il embarquait pour son pays, Étienne, ressortissant belge, par ailleurs directeur général adjoint d’Africa Rice,  ex-ADRAO, ignorait se retrouver nez à nez avec des personnes en tenue, peu respectueuses de leurs attributs militaires. En effet, la CAAT est cette unité spéciale née de l’initiative des autorités ivoiriennes, et dont les fonctionnaires ont mandat de procéder à des fouilles systématiques, suivies d’interrogatoires. Le but étant de lutter contre le passage de drogues et de produits jugés stupéfiants. Interpellé et obligé de se soumettre à la fouille de sa personne et effets personnels, notamment, son téléphones portables, valise, portefeuille et ordinateur portable, l’européen est stupéfait, mais garde son calme. Excédé, il brandit son identité de diplomate, en mission en Côte d’Ivoire. Cette déclinaison du patron de société n’est qu’une provocation de plus, aux yeux des hommes en armes. <<On s’en fout de votre statut de diplomate>>, lui aurait rétorqué un des mis en cause, dans un état de zèle et d’excitation propres à un animateur de ghetto. Et s’en était pas fini pour autant, car le groupe ira jusqu’à soumettre le belge à un test anti drogue. Avant de le laisser circuler, l’infortuné a dû payer de sa poche, la somme de cent milles (100.000 FCFA).

Face à cette fouille illégale qui étouffe et kidnappe littéralement les conventions internationales et en dépit des gesticulations ordurières qu’il s’est vu contraint d’accepter, le diplomate s’en est remis à la justice militaire, histoire de réveiller le droit et exiger réparations.

L’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan qui a reçu ces dernières années plusieurs certifications, du fait de l’engagement constant du gouvernement ivoirien, est pourtant réputé l’un des plus sérieux sur le continent.

La succession de crises politiques et militaires ont sérieusement affecté l’image du pays et ont réduit l’importance de l’aéroport dans la sous-région en termes de trafic. L’établissement est classé au 29e rang sur 50 aéroports africains en 2013.

En 2015 le trafic est de 1 572 753 passagers avec 29 986 mouvements et 20 607 tonnes de fret ; 40% du trafic passager étant assuré par Air Côte d’Ivoire.

Avec un volume de 1,8 million de passagers en 2016, l’aéroport d’Abidjan enregistre depuis 2011 une croissance annuelle de son trafic de près de 16% occasionnant une saturation des infrastructures aux heures de pointe.

Ces conduites regrettables qui ont tout l’air d’un projet de sabotage, ne risquent elles pas de ramener sur la table de l’éligibilité à la qualité, les affaires aéroportuaires ivoiriennes?

Le Palais de la Présidence de la République d’Abidjan, le Ministère des affaires étrangères et les chancelleries occidentales, tapis dans la capitale économique, suivent de près le traitement qui pourrait être donné à ce singulier fait divers.

Apprehendés et placés sous écrou, les prévenus risquent de peines lourdes pouvant aller jusqu’à la radiation.

Tous les regards sont tournés du côté du Tribunal militaire d’Abidjan [TMA], où siège en permanence le redoutable équilibriste, procureur militaire Anges Bernard Kessy Kouamé. Ce haut technicien du droit militaire, reconnu et ovationné par l’État de Côte d’Ivoire, pour son professionnalisme et sa loyauté, a reçu en fin d’année dernière, le grade de Contre-amiral, équivalent de Général de brigade. Il a juré la <<tolérance zéro>>, face à la délinquance et le libertinage militaire, et promet d’avantage rassurer l’État et le justiciable du professionnalisme de son parquet et de la qualité des procès. Alors que les prévenus logent en ce moment la maison d’arrêt militaire d’Abidjan [MAMA], maraboutant sur leur sort, le parquet du général Kessy s’emploie à regarder dans ce dossier dégoutant qui promet des étincelles. Pour qui connaît la rigueur et le discernement légaliste de ce excellent magistrat, il va falloir y être, pour voir des yeux!

Touré Vakaba (depuis Abidjan)