Voilà qu’approche aux pas pressés, la date du 31 octobre, moment unique, intense et solennel, jour d’élection mais également de tous les suspenses, période de peur, de balbutiement, de doute et d’incertitudes, qui rappelle sans cesse les durs événements vécus par le passé. La rupture avec les anciennes habitudes s’annonce difficile.
Alors que le pays revient de loin, les révélations de charlatans, marabouts et prophètes continuent de trancher avec les prédictions d’experts, stratèges, analystes et idéologues autoproclamés de tous poils. Je veux dire que tous s’embrouillent et se perdent en conjecture. Certains vont même jusqu’à nous pondre du n’importe quoi.
Aussi, à l’occasion de ce temps précieux, il plaît comme par hasard à de nombreux individus, sans aucune expérience élémentaire pour la majorité, se prévalant d’ailleurs de qualité intellectuelles diverses, de se pavaner sur des plateaux de télé essentiellement dédiées à la propagande, à l’intox, la delation et la distraction, prétendant entretenir les justiciables sur des sujets majeurs dont ils n’ont en effet ni le contrôle ni la maîtrise exacte.
Ces nouvelles tribunes, pourtant inventées de toutes pièces, avec la nette intention d’abrutir nos concitoyens les plus fragiles, font pourtant le printemps. Leurs temps d’entenne enregistrent également le plein de téléspectateurs, faisant étrangement de ses animateurs et invités, de curieuses vedettes, oubliant royalement que cette nouvelle race de pyromanes contribuent à entraîner le pays dans l’abîme.
Tandis que le peuple retient son souffle, car retenu entre espoir et interrogations, amuseurs et insulteurs publics, cyber-militants, collabos intérieurs et extérieurs s’adressent inlassablement, menaces, intimidations et invectives, au moyen de réseaux sociaux en plein boum.
Suite aux appels d’activistes favorables à l’opposition, appelant vaille que vaille à l’empêchement des élections presidentielles, de violentes émeutes émaillées de mort d’hommes et de d’importants dégâts matériels, se deroulent sur certaines parties du territoire national, réinstaurant la peur et la panique.
La situation évolue à une allure si dangereuse et inquiétante, que forces de l’ordre, magistrats et parquetiers, en charge des poursuites et de l’application de la loi pénale contre de durs à cuir, semblent désormais débordés, dépassés, sinon noyés. Nous sommes donc logés dans un cas de quitte ou double qu’il va falloir rudement affronter.
De millions d’autres ivoiriens, gardent pourtant en mémoire, l’apocalypse qui avait piégé le pays entre octobre 2010 et avril 2011, occasionnant des milliers de morts, de disparus et d’aliénés mentaux.
Aussi, malgré les douloureuses expériences vécues par le passé, de nombreux nationaux continuent hélas de tirer sur la dégoutante fibre religieuse, ethnique, communautaire ou régionale, certains autochtones menaçant d’en découdre physiquement avec d’autres.
À regarder de près, la haine et la colère semblent monter d’un crâne. Notre destin est donc entre nos mains, et une mauvaise manipulation pourrait avoir des conséquences à tout jamais regrettable.
Ailleurs, à nos cinq frontières, nous n’avons pas que des amis et des cousins, nous y avons aussi des ennemis, des prédateurs sans foi ni loi, qui rêvent naturellement de nous faire la peau, nous voir brûler, périr et s’installer enfin sur nos restes.
Restons donc vigilants, refusons-nous de leur faire ce cadeau. Nous avons consenti assez de sacrifices pour vouloir mettre en péril ces acquis.
Terre d’hospitalité, de pardon et de tolérance, le pays aborde irréversiblement un autre inconnu de sa si jeune histoire. De grâce, il est enfin temps de nous concentrer sur l’essentiel, la Côte d’Ivoire.
Ne nous laissons pas intimider par la peur et les déclarations tapageuses. Ramenons à la raison nos frères et sœurs qui ont pris l’habitude ces derniers temps, d’exhiber la foudre.
Ce moment, relativement délicat, devrait vraisemblablement illustrer notre fraternité, notre solidité à s’unir dans la douleur, autour d’une dynamique d’espérance commune, bien qu’étant politiquement et idéologiquement opposés.
À bon entendeur !
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